Carnet de Voyage : 4 jours à Pékin [Chine]

J-1 : Le grand départ !

J’ai toujours ce moment de doute prévoyage. Au moment de boucler mon sac, de fermer la porte. Je ne sais pas. Est-ce que j’ai oublié quelque chose ? Est-ce que ça va bien se passer ? Ça va être bien ? Est-ce que je vais revenir ? Encore plus que tous les autres, ce départ est particulier. J’ai vidé ma chambre. Quitté mon appart. Je ne sais pas où je vais revenir. Et puis, je reviens dans longtemps finalement. Deux mois, c’est plus que deux semaines.

J’attends mon train à la gare. Je suis partie pour plus de 24h de bus, train, avion. Deux nuits blanches à passer dans des aéroports. Et je serais au bout du monde.

Arrivée à Paris. Mon Ouigo blindé se vide de ses occupants. Je me mêle à la foule de vacanciers et travailleurs. Sacs à dos et valises côtoient costumes et cravates. Je prends le métro. Ses passagers austères ont leurs regards rivés sur les écrans de leurs téléphones. Les portes s’ouvrent accompagnées d’une sonnerie stridente. J’arrive à l’agence qui s’est « occupée » de mon visa et que je dois récupérer.

Mondial visa.

Je ne peux pas dire que ça s’est mal passé, l’agence est sérieuse, réactive et arrangeante. Je n’ai juste pas eu de chance. Les conditions d’obtention du visa pour la Chine ont changé au moment où j’ai pris le service de l’agence qui était censé m’éviter de me rendre au consulat de Paris. Donc au final, j’ai payé mon visa à 125 euros comme tout le monde, + 40 euros pour que l’agence s’occupe de déposer et reprendre visa + passeport et comme j’ai du aller déposer mes empreintes, 60 euros pour un aller-retour rennes-paris.

Youhou.

Et en plus comme l’agence ne savait pas trop comment ça marchait, mon premier rendez-vous a sauté, il a fallu en reprendre un qui avait lieu… Une semaine avant mon départ donc TRÈS TRÈS TRÈS juste. Au final, l’agence l’a fait passer en urgence et s’est occupée de payer les frais en plus. (Normal c’était de leur faute j’ai envie de dire mais le service client est top pour le coup). Bref maintenant il y a une prise d’empreinte obligatoire pour avoir son visa, on est donc obligé de se déplacer… Vous remplissez votre dossier en ligne, vous prenez rendez-vous, vous réunissez les pièces nécessaires et vous bougez vos fesses pour la capitale… Ou Marseille ou Lyon si vous habitez dans ce coin-là. Après, pour récupérer passeport et visa, le consulat peut les envoyer par la poste ou vous venez les chercher. C’est au choix.

Me voilà donc à l’agence pour récupérer passeport et visa moins de 24h avant mon départ. J’avoue avoir une petite angoisse à l’idée que ça soit fermé, une erreur sur mon visa… Mais tout va bien, mon petit laissé passé atterrit en sécurité au fond de mon sac et il ne me reste plus qu’à attendre. Attendre. Et attendre. Mon avion décolle dans 18h.

H-6

Il est bientôt minuit. L’aéroport s’est vidé de toute activité. Les files d’attente ont disparu. Les gens somnolent sur les fauteuils inconfortables. Les lumières sont allumées. Les machines vrombissent et lavent le sol. J’attends face à l’écran.

5h30 – Kiev Boryspol. Porte D65. À l’heure.

Mes yeux se ferment. J’ai mal aux pieds à cause de mes chaussures neuves. J’ai beaucoup marché aussi, avec mon sac de 12kg. Arc de Triomphe, place de la Concorde, jardin des Tuileries, Montmartre et son sacré coeur. J’ai tout fait à pied. Je suis fatiguée. On attend que les comptoirs s’ouvrent pour y déposer nos bagages. On risque d’attendre quelques heures.

H-3

Une grande porte métallique s’ouvre avec fracas. Tiens, on s’était fait enfermer dans l’aéroport ? On n’avait même pas remarqué. Une horde de Chinois entrent. Avec leurs caddys pleins à craquer d’énormes valises, ils se précipitent sur les comptoirs qui viennent juste s’ouvrir. On les regarde d’un œil endormi. On n’est tellement pas pressée. Il nous reste un bout de temps encore avant d’arriver à Pékin.

Min-1

Nos valises sont dans la soute. On est dans l’avion, il va décoller. Le départ est immédiat. Dès que les roues quittent la terre ferme, on en profite pour fermer les yeux et dormir jusqu’à notre arrivée à Kiev. Une fois sur place, on sort de l’avion et on suit tous les panneaux « international transit » possible. Sans encombre, on rejoint la file d’attente de notre vol Kiev-Pékin qui ne devrait pas tarder à embarquer. L’avion est immense. Au début, on a eu l’espoir fou qu’il ne serait pas plein et qu’à côté de nous, quelques places inutilisées nous fourniraient une pointe de confort bien appréciable. Bah non, qu’est-ce tu rêves il est complet le vol.

S’ensuit 8h30 longues heures jusqu’à notre destination. 8h30 ? Nooooon ça aurait été trop facile ! Évidemment, à Pékin c’est la tempête et l’avion ne peut pas atterrir ! Il faut nous rajouter une heure à tourner dans les airs. Et puis tant qu’on y est, atterrir à 300 km de Pékin ! Et rester au sol 4h avant de pouvoir repartir ? Oui oui oui. Bon vu qu’à la base on devait arriver à 1h du mat et qu’on n’avait pas réservé d’hôtel, ce n’est pas hyper dérangeant. Au final, les roues de l’avion se posent à destination vers les 6h.

J1 : Premier contact

Après avoir passé l’immigration (et encore attendu longtemps !), on récupère nos sacs et on va retirer de l’argent. On a fait le choix de retirer sur place malgré les commissions prises par les banques… Ça nous évite de galérer à trouver un bureau de change avec un bon taux, c’est plus simple comme ça.
On quitte l’aéroport avec « l’airport express ». Pour 25 yuans, vous pouvez facilement rejoindre le centre-ville. À dongenzhen, on prend la ligne 2 pour aller à qianmen, qui se trouve près de notre auberge de jeunesse. On doit payer 4 yuans de plus. C’est marrant, ici, suivant notre destination, le prix du billet varie.

On quitte le métro et après pas mal d’heures d’enfermement, on découvre l’air et le ciel chinois !

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Le ciel est trouble, marron. C’est assez étrange, perturbant même. On voit à peine les rayons du soleil. La chaleur est écrasante. L’atmosphère étouffante. L’air est humide. Entre tous ces Chinois qui marchent à toute allure autour de nous, les bâtiments, les voitures, les odeurs… Le dépaysement est total. On prend vraiment conscience qu’on se trouve à l’autre bout du monde, très loin de chez nous. Chargées comme des mules de nos gros sacs à dos, on décide d’aller à l’auberge de jeunesse. Il est trop tôt pour faire le check-in, mais bon, on ne sait jamais, on pourra peut-être laisser nos sacs. On trouve assez facilement. Notre auberge se trouve au milieu des hutongs, petits quartiers qui ont conservé leurs traditions. Les maisons sont basses. Les rues serrées. Des vélos et des mobylettes klaxonnent les piétons pour passer. Ça me rappelle vaguement la médina de Marrakech.

À l’auberge, on laisse nos sacs. Il est 9h30 et on ne peut s’enregistrer qu’à partir de 14h. On est épuisées. En France, il est 3h du matin. On marche comme des automates dans cette réalité qui ne semble pas la nôtre.

On retourne vers la place tianmen. Pour y entrer, on doit faire la queue et faire scanner nos passeports et bagages. La place est blindée de monde. Surtout de chinois. On ne croise que trois ou quatre rares Européens. On est épié. Tous les regards se tournent vers nous. C’est assez incompréhensible d’ailleurs. Ils doivent en voir des touristes ici quand même ? À un moment, un groupe de trois filles vient nous voir pour se prendre en photo avec nous. Elles prennent leur photo et disparaissent. Ça nous laisse perplexes quand même. On essaie de quitter assez vite la place. Avec la fatigue et la chaleur, être au milieu de ce monde devient vite étouffant. On cherche un endroit où aller manger. Niveau resto, ce n’est pas ce qu’il manque. Mais comment choisir où aller quand on ne comprend pas l’intitulé même des plats ? On va dans une sorte de chaîne chinoise qui propose toutes sortes de plats. Chaque nom de plat est accompagné de photo ! Ça nous sauve la vie. Je trouve quelque chose qui a l’air d’être végétarien : un plat de nouille avec toutes sortes d’accompagnement végétal servi à part, ça me permet de mettre que ce que je veux manger. Pour 32 yuans, ça va je trouve. L’assiette est énorme, je sais déjà avant de commencer que je ne la finirai pas. Comme je meurs de soif, je me prends un grand verre de jus d’orange. Ce n’est pas un vrai jus de fruit pressé mais c’est frais et désaltérant.

On ne reste pas très longtemps dans le restaurant finalement. Il commence à se remplir, il y a beaucoup de bruit. On a besoin de calme et de silence là. On ne se semble pas être dans la bonne ville ! On marche vers un espace vert près d’un immense bâtiment dédié à l’art et au spectacle. De l’herbe oui. De l’ombre oui. Des bancs ou un endroit pour s’asseoir à l’ombre ? Non.

On voit sur maps le « square de tianmen » qui n’est pas très loin. On repasse la sécurité pour découvrir que l’entrée au parc est payante… Pour le peu de temps qu’on voulait y passer, on laisse tomber et on retourne à l’auberge de jeunesse. Il est 13h, le temps qu’on arrive on pourra peut-être faire l’enregistrement en avance.

L’auberge et vraiment stylée. Décorée à la chinoise avec un restaurant central et un espace avec de la verdure et des tables. On entre enfin dans le dortoir. C’est sommaire. Dortoir de 8 filles, un petit casier pour mettre les objets de valeur. Une salle de bain accolée à la chambre. Il y a mieux, mais il y a pire aussi. Je prends quelques affaires et la première chose que je fais : aller prendre une douche. Je suis partie de chez moi depuis presque 48h, j’ai juste envie de me laver et de mettre des vêtements secs ! Deuxième chose à faire : m’allonger et DORMIR. Je dors deux heures d’affilée et me réveille à 17h30. Ma camarade de voyage dort toujours. Je reste allongée et profite d’Internet quand mon VPN veut bien se connecter. C’est vraiment indispensable ça. Sans VPN : pas de Google, pas de Facebook, pas d’instagram… Même ma boîte mail ne marche pas quand le VPN fait des siennes.

19h30, on décide que demain, on ira faire notre tour à la grande muraille de Chine. De tout notre séjour à Pékin, apparemment c’est le seul jour où il ne pleuvra pas, autant en profiter ! Vers 21h30, je m’endors. On a prévu de se lever à 6h demain et on a encore un peu de sommeil à rattraper.

J2 : A l’assaut de la Grande Muraille de Chine

Je suis dans le bus, direction la grande muraille de Chine à Jinshanling ! C’est un des tronçons les plus éloignés de Pékin mais apparemment le moins fréquenté donc on va voir ce que ça donne.

Réussir à être dans ce bus, ça n’a pas été de tout repos. Ce matin, on s’est levée assez tôt, à 6h. J’avais vu que les bus pour Jinshanling partaient ou à 7h30, ou à 8h. Et qu’on pouvait en prendre en partant de la gare de Dongzhimen. On a donc pris la ligne 2 du métro puis une fois à la gare, cherché la gare routière. Heureusement, tout du long on a pu suivre un panneau qui indiquait un truc avec le mot « bus ». On a ensuite suivi l’indication pour le 380. Une fois à l’entrée du bus, on demande s’il va bien à Jinshanling. Il nous dit que non et nous fait des grands signes vers la sortie de la gare routière. Bon… On sort de la gare, on ne sait pas trop où aller. On lui a demandé un numéro de bus mais il ne nous en a pas donné. On redemande. On nous fait à nouveau de grands signes. Donc en gros, en sortant de la gare après le bus 380, il faut aller à gauche, traverser un grand parking avec plein de bus et derrière, prendre un petit couloir entre les barrières. Et là, un bus qui normalement va directement à Jinshanling n’attend que vous pour partir ! Bon par contre, y en a qu’un qui part à 8h donc faut pas le rater !

On monte dedans. On ne comprend pas trop mais on ne nous vend pas de billet. OK. Le bus part. Chelou. On n’est pas beaucoup dans le bus, peut être huit. Ça nous perturbe. On a vu que pour que ce bus parte à destination, il faut au moins 20 voyageurs.

On roule pendant dix minutes. Quinze minutes. Puis on arrive dans une gare routière. Le bus s’arrête face à un autre bus vide. Dehors, en file indienne, chinois et touristes remplissent le bus vide. Des contrôleurs montent. Nous compte. Redescendent. Remontent. Redescendent. Ils ont l’air de ne pas trop savoir quoi faire. Finalement, dans un anglais approximatif, on nous annonce le prix et que l’on va devoir aller dans l’autre bus. Le trajet coûte 32¥ pour Jinshanling. Maintenant, un des bus est plein, l’autre complètement vide. Cette fois, on a payé et le bus part vraiment ! Direction : la grande muraille de Chine ! Youhou !

J’alterne entre dormir et regarder le paysage. En s’éloignant de Pékin, le relief change. Des collines apparaissent. Puis des collines plus hautes. Avec des contours plus anguleux. Par endroit, la végétation semble former des terrasses naturelles qui offrent ce paysage de verdure linéaire typique d’ici. Un peu avant d’arriver, au loin, on aperçoit nos premiers tronçons de muraille ! Les grandes tours dominent les collines. Les remparts suivent les arêtes. Le ciel bleu encadre les vieilles pierres.

On se fait déposer sur une sorte d’aire d’autoroute. De nombreuses voitures sont arrêtées. Parmi elles, des taxis. Une épicerie et une sorte de petit restaurant sont ouverts. On est un peu plus d’une dizaine à descendre du bus, le regard perdu. Où doit-on aller ? Comment ? Immédiatement sur le sol, les taxis nous entourent. Notre petit groupe se retrouve regroupé malgré lui. Par chance, un des voyageurs est chinois et commence à parler avec eux. Il marchande un bon prix. Nous propose de nous mettre à 6 par voiture, sachant qu’une voiture coûte 100¥. Au moment où l’arrangement allait se faire, un chinois accompagné d’une petite fille nous glisse que d’ici quinze minutes, une navette gratuite nous emmenant à l’entrée devrait passer. Notre petit groupe le suit. On attend en silence. Ensemble. La navette arrive. On sourit. Elle ressemble à une voiture de golf de 16 places. On embarque et aussitôt, elle redémarre. On nous dépose près du bâtiment où l’on peut acheter des tickets. On se félicite d’avoir attendu la navette, à pied, ça aurait fait un bon bout de marche en plein soleil.

Le prix de l’entrée est raisonnable, pas de tarif étudiant, on paie 65¥. Il y a la possibilité de pendre une navette pour 50¥ de plus. Très clairement, ce bout de chemin on l’a fait en quinze minutes donc cette navette ne nous aurait rien apporté. On grimpe la large route rouge. On traverse un espace de vente de souvenirs. La grande porte où l’on fait valider nos tickets. On continue de monter. On ne la voit toujours pas, cette fameuse muraille. Il fait une chaleur étouffante. On monte, encore et toujours. On prend un petit sentier. On est entourée de végétation. Sur notre droite, un mur. Elle est là. On est dessus. Quelques marches et devant nous, la vue devient incroyable. Les marches millénaires sont sous nos pieds. L’horizon s’étend à l’infini. Vert. Vallonée. Sauvage. Ça fait quelque chose d’être là. On se sent petit. Insignifiant. À notre droite, à notre gauche, la muraille s’étend. Immense. Inarrêtable. On se croirait dans un cliché. Le mur gris fend le vert de la végétation. Les tours désertes sont intimidantes.

On s’assoit à l’ombre d’une tour pour manger une brioche que l’on vient d’acheter. Au centre, une barre brune nous fait penser qu’elle est au chocolat. En fait, il s’agit d’une pâte de haricot rouge sucrée. Ce n’est pas mauvais. Inattendu.

On se remet en route. Si on veut faire le trajet qu’on s’est fixé et arriver à l’heure pour avoir le bus pour Pékin, on a le temps mais on ne doit pas non plus trop traîner. La chaleur et l’humidité sont intenses. La beauté des lieux est incroyable. Le mur est désert, ou presque. Par moment, on croise certains des touristes qui étaient avec nous dans le bus ou des Chinois en train de se promener. Pendant des tronçons entiers, on a la muraille juste pour nous. À droite, à gauche, la campagne chinoise est intacte. On aperçoit seulement une fois une ville et une autoroute au loin. Par endroit, à l’ombre des tours, des commerçants ont installé de petits étals. Souvenir, glace, boisson fraîche, snack. Le strict nécessaire. On arrive au bout de notre parcours sur la muraille de Chine après 2h-2h30 de marche. Un chemin nous permet de rejoindre la grande porte de validation des tickets. On continue à pied jusqu’à l’endroit où on a acheté les tickets et où la navette doit nous emmener à l’aire d’autoroute où passe le bus pour Pékin. On y retrouve notre petit groupe formé malgré lui. Le chinois qui parle anglais est déjà là et accueil tout le monde comme il se doit. Il est vraiment super cool. On arrive à tous monter dans la même navette et direction le bus. Une fois là-bas, on se dirige vers la supérette. C’est là bas qu’on peut prendre les billets retour pour Pékin. Au passage, on croise 2 Français qui nous disent que c’est un peu la merde, apparemment le bus juste avant était tellement plein qu’une seule personne a pu y monter. Encourageant. Le chinois qui parle chinois et anglais va discuter avec la madame. Il semble qu’il ne reste plus que 4 places dans le prochain bus pour Pékin. S’ensuivent de longues négociations. Finalement, la compagnie de bus devrait envoyer une navette pour 9 personnes. Le reste de notre groupe à savoir 4 personnes devrait pouvoir prendre le prochain bus. Comment va-t-on rentrer à Pékin ? Allons-nous devoir dormir sur cette aire d’autoroute ? Malgré l’incertitude qui plane, le fait d’être en groupe dans cette galère rend ce moment plutôt serein.

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Au passage, on se rend compte qu’il y a un couple de Français ! Ça se finit plutôt bien. En fait, dans le bus de 15h30 il reste plutôt 6 places. On se porte volontaire pour en prendre deux et pour 32¥ comme à l’aller, nous voilà en route pour Pékin. (A posteriori, on a appris que le reste du groupe a réussi à se trouver une place dans le bus de 16h et a aussi réussi à rejoindre la capitale !)

Plus on se rapproche de Pékin, plus le ciel devient jaune. Puis marron. Marron trouble. La campagne disparaît. La circulation devient dense. Les barres de building réapparaissent.

Le bus nous dépose à la gare de wangjing. C’est assez éloigné du centre et de notre auberge. On change trois fois de métro avant d’arriver à destination. Une douche rafraîchissante après cette journée au soleil est une vraie bénédiction. On sort trouver un endroit où manger. On atterrit dans un restaurant qui propose toute sorte de dumplings, des raviolis. J’en trouve des végétariens ! Poireau et œuf. C’est vraiment délicieux ! On galère un peu à manger avec les baguettes, les raviolis sont gros et glissants. Leur jus chaud nous brûle la bouche. Ça a un petit quelque chose de proche des bouchons qu’on trouve à la réunion. Les assiettes sont tellement grosses qu’on n’arrive pas à finir ! Après une journée pareille, on mérite vraiment une bonne nuit de sommeil !

J3 : La Cité Interdite… Ou pas. 

Aujourd’hui, on va faire un autre truc mythique de la Chine. Un truc mythique de Pékin. On va visiter la cité interdite. On veut vraiment en profiter à fond et si possible, avoir les lieux un peu déserts donc on se lève tôt et on y va pour l’ouverture à 8h30 !

Quelle utopie.

À peine arrivés à l’entrée de la place tianamen, les lieux sont bondés. On fait la queue pour scanner nos sacs et montrer nos passeports. On traverse la masse de groupe agglutinée malgré l’immensité de la place. On marche vers la cité interdite, perdue au milieu d’une foule surexcitée. Le torrent de personne ne traverse une grande porte. Deux. On se fait entraîner jusqu’à l’endroit de vérification des tickets. On se demande brièvement comment autant de personnes peuvent tenir dans ce lieu. Comment on peut visiter et apprécier les choses au milieu de cette foule bruyante et gigotante.

Au moment de passer la sécurité, on nous demande si on a nos billets. Des billets ? Non. Mais les autres non plus non ? On n’a pas vu de longue file d’attente, on a juste suivi tout le monde jusqu’ici. Il faut un billet ? Ah OK. On regarde un peu autour de nous. Pas de queue. Juste un guichet perdu un peu à droite. On va voir… Sauf qu’on ne peut pas aller bien loin. Un mec attend devant avec un panneau. « SOLD OUT ». Sold out ? À l’ouverture ? C’est quoi cette blague ? Je n’ai vu nulle part que pour la cité interdite il fallait ses billets à l’avance… Le seum. On découvre qu’en fait, tous les Chinois ont déjà leurs billets, qui sont disponibles à l’achat sur un site entièrement en chinois. Et comme c’est les vacances ici… On va voir le site en question. Avec un traducteur on peut essayer de comprendre quelques trucs… Finalement c’est assez clair. Sold out jeudi, vendredi, samedi, dimanche, lundi c’est fermé, et mardi. On part de Pékin dimanche donc c’est râpé. Seum X10. On essaie de trouver des idées… Essayer l’autre entrée… Revenir dans l’après-midi en se disant que les gens auront fini leur tour… Sauf que bon y a des entrées matin et aprèm… Histoire de ne pas non plus perdre notre journée, et comme il est encore tôt, on choisit entre le palais d’été et le temple du ciel. On choisit le temple du ciel. Un peu au pif, on n’a pas vraiment regardé ce qui avait l’air le mieux. On se trouve une station de métro et on est partie !

L’entrée au parc n’est pas chère du tout. Juste pour le parc c’était 10¥ et pour visiter les monuments à l’intérieur, rajouter 10 et 10 il me semble. En tout cas, les lieux sont immenses. On apprécie de se promener dans ce parc ombragé. Par endroit, on peut observer des locaux en train de danser. De faire du sport. Des jardiniers, assis dans l’herbe arrachent des touffes d’herbes à la main.

On va en premier voir le bâtiment cliché du Temple du ciel, rond, bleu et immense. Si l’architecture est sans conteste superbe, on apprécie moyen. Il y a foule. C’est bruyant, agité. On fait le tour et on retourne dans le parc. On marche vers le palais, qui se trouve plus à l’ouest. Avant d’y aller, on se pose sur un banc à l’ombre pour manger un peu. On regarde les touristes chinois passer, se chercher des bancs eux aussi. On se remet en route. Problème, quand on arrive, le palais ferme ses portes pour l’heure de midi. On a traversé tout le parc pour venir jusque là, on a un peu le seum. Encore. On prend la direction des autres monuments à visiter : le mur des échos et l’autel. Incontestablement, c’est beau. Les peintures sur les murs. La forme des toits. L’immensité des temples. Ces multiples chemins qui permettent d’y accéder. Le plus décevant, ça reste la foule. Au mur des échos, tout le monde se met face au mur circulaire qui nous entoure pour gueuler. Sauf que bon, avec le bruit, avec la foule, y a aucun écho. Faut quand même avouer que voir petits et grands hurler comme des débiles, ça reste assez drôle !

Une fois qu’on a fait le tour de l’autel, on retourne vers le palais. On commence à être crevées entre la chaleur et la marche. Au final, on finit par en faire de la distance à traverser le parc dans tous les sens. Quand on arrive, le palais a rouvert ses portes et les lieux sont DÉSERTS ! Ça ne fait pas partie des « gros trucs cultes » donc les gens ne doivent pas venir jusque là… En tout cas on apprécie bien les lieux ! Les petits jardins intérieurs sont sympas sans être foufou. L’agencement des bâtiments avec tous ses murs, ses portes, ses petits ponts rendent la balade cool. Ce que j’aime le plus, c’est ces murs rouge couleur sang comme ceux de la cité interdite. Ça flashe. Ça tape à l’oeil. Ça rend les lieux majestueux, ça donne une certaine solennité.

Vers le milieu de l’après-midi, on décide de rentrer à l’auberge se poser un peu. On est dégueu et fatiguées. On a plus de 20 km à notre actif.

Le soir, on ressort avec un objectif : aller au marché de Donghuamen, connu pour proposer des expériences gustatives… Pour la moins particulière. Brochette de scorpion et d’animaux en tout genre… Ça peut être intéressant. En partant, on se prend un peu de pluie. Heureusement, ça ne dure pas. Sauf qu’on marche. On marche. On cherche. On cherche et on ne trouve pas. On fait les rues dans tous les sens et pas de marché. On croise d’autres touristes européens, ils n’ont pas l’air de trouver non plus. Finalement, on décide de demander à un chinois… Ils doivent connaître quand même. Visiblement, le jeune chinois qu’on interroge n’a pas l’air de connaître. On le voit pianoter sur son téléphone. Rien. Il s’excuse et continue son chemin. On décide de rebrousser chemin et d’aller vers le début de la rue où l’on n’avait pas tout checker. Trois minutes plus tard, le chinois revient en courant, il a l’air d’avoir trouvé un truc. On allait déjà vers là bas mais on le remercie. Il a l’air tout content de rencontrer des Françaises et un peu gêné, il nous demande de faire une photo avec lui. Il s’excuse de ne pas pouvoir nous aider plus longtemps à trouver ce qu’on cherche et nous demande si l’on a wechat, le Messenger que les Chinois utilisent. Au final, on lui donne notre numéro chinois et il s’enfuit en courant retrouver son pote qui entre temps, a disparu dans la foule.

On finit par trouver la rue censée abriter notre fameux marché. Fermée. Travaux. Bon… Bah on va aller manger ailleurs. Sauf qu’il est 21h et qu’ici, à 21h, plein de trucs ferment ! On finit par trouver un petit resto de rue qui ne paie pas de mine. Ils ont l’air contents qu’on vienne manger. De désert, le resto se remplit en l’espace de quelques minutes. On commande grâce à leur carte pleine de photo. Je ne cherche pas trop loin et je reprends mes raviolis végé super bons tandis que Audrey tente une sorte de riz cantonais.

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Clairement, la bouffe est bonne. La surprise au niveau de l’addition, beaucoup moins. Le repas qui initialement devait nous revenir à environ 100¥ pour deux est passé à 170¥. La serveuse nous montre la table. La vaisselle. Genre ça fait doubler le prix ça ? On sent qu’on se fait entuber mais on est claquée. On a marché plus de 30km, on a juste envie d’aller se coucher. Y a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui, c’était la journée du seum. On l’impression de ne pas avoir eu de chance du début à la fin. Vivement demain !

J4 : On va manger dans un resto typique avec un local !

Ce matin, réveille hyper tôt à 4h30 ! On s’est motivée pour aller voir le lever de drapeau sur la place tianamen. Il paraît que c’est à voir et comme ça a lieu à l’aurore, pas le choix, c’est à 5h20. Dans les rues, même s’il fait toujours nuit, il y a autant d’activité qu’à 23h le soir. Une lumière trouble éclaire les lieux. Il pleut un peu. Le sol est humide et les pavés glissent. J’ai eu la super idée de mettre des savates. J’avance à petits pas avec la peur de me casser la gueule. On arrive vers le grand croisement qui permet de rejoindre le métro et là… Surprise ! Un immense ruban de Chinois, bien réveillés et motivés, armés de leurs parapluies, drapeaux et guides marchent au pas vers la grande place. Et quand je dis un immense ruban… Je n’exagère pas. Il s’agit d’une foule de monde. Déjà opérationnelle à 5h du matin. On est choquée. On d’avance quand même mais pour accéder à la place, il y a un check point avec contrôle de passeport et passage des sacs au scan. La queue est longue. Ça n’avance pas. Tout le monde se bouscule. Se dépasse. Enfin surtout nous. Les Chinois d’ici… on finit par avoir l’habitude. Le temps passe. Les premiers rayons du soleil apparaissent. On laisse tomber. Ça n’avance pas. On n’y sera jamais à temps. Autant retourner dormir et être en forme pour le reste de la journée.

Un peu plus tard, après un petit déjeuner à base de brioche à la crème (on en trouve vraiment partout ici ils sont dingues de ça) et de jus d’orange, direction le Palais d’été. On devient des pros du métro ici. On passe toujours au guichet automatique quand on a de la monnaie. Il nous suffit de sélectionner la ligne sur la laquelle on veut finir notre trajet et la station où l’on veut descendre et l’on paie en général entre 4 et 5 yuans le trajet. On arrive dans les coups de 11h à l’entrée du parc du palais. Comme d’habitude, il y a beaucoup de monde. Les gens se poussent et essaient de se dépasser pour acheter leurs tickets. On s’insère dans une file et on attend. On prend le ticket qui nous permet d’accéder à tous les monuments à l’intérieur du parc. Tarif plein, c’est 60 yuans, réduit 30. Pour l’instant, on est agréablement surprise par le prix des visites qui n’est pas si cher que ce à quoi l’on s’attendait.

Le palais principal près de l’entrée est immense. Ses murs rouges tapent à l’oeil. Ses tuiles finement sculptées. Il est tout en relief. S’étend dans les hauteurs. Surplombe de grosses pierres que les Chinois s’amusent à escalader. Dans un des bâtiments, on peut apercevoir plusieurs divinités bouddhistes. La foule se presse, mais les Chinois s’inclinent quand même et saluent leurs dieux. Ici, ils ne posent pas et ne prennent pas de photo.

On continue notre chemin. On arrive en haut de la colline. On surplombe le grand lac. De nombreux bateaux et pédalos s’y promènent. En dessous de nous, des temples et palais immenses se dressent. Rouges et dorés. Immenses et hauts. La magie des lieux est un peu gâchée par le monde qu’il y a. On se pose près du lac pour manger un morceau. On a réussi à trouver dans une petite épicerie des chips et des pommes. Ma camarade de voyage va dans une des boutiques à la recherche de bao. Elle revient victorieuse avec l’impression qu’on a essayé de l’arnaquer (encore !). Elle ne voulait qu’un Bao qu’on a voulu lui faire payer 10 yuans alors que le prix est de 10 yuans pour 2. Dans tous les cas, elle réussit à avoir sa brioche pour 5 et en est très contente. C’est chaud mais ça a l’air bon.

On fait le tour du lac. La balade est longue mais si agréable. Un petit chemin entouré d’eau des deux côtés nous fournit de l’ombre et un semblant de fraîcheur. D’un côté, on a une vue imprenable sur les temples qui dominent le lac, de l’autre, un champ de nénuphars en fleurs !

Comme d’habitude, tous les regards se tournent vers nous. Les enfants s’arrêtant face à nous et nous fixent avec de gros yeux ronds et la bouche grande ouverte. Les adultes chuchotent entre eux sans aucune discrétion. Parfois, on nous demande une photo. Parfois, on nous prend en photo sans nous demander.
On passe près de 5h à se promener dans le parc. À la fin de la journée, après avoir dégouliné de sueur je me sens sale et puante. J’ai besoin d’une bonne douche. On rentre se poser à l’auberge. Ce soir, on a un truc assez spécial de prévu. On va manger un « hot pot », une fondue chinoise avec le chinois que l’on a rencontré la veille. On ne sait pas trop à quoi s’attendre mais l’expérience a l’air sympathique.

On s’est donné rendez-vous près de la station de métro de qianmen. Il a l’air un peu stressé en arrivant. On commence à parler un peu anglais. Par moment, on a du mal à se comprendre. Il sort alors ses écouteurs Bluetooth et nous tend une oreillette à chacune. Avec sayhi, il écrit en chinois et fait parler la traduction en français. Il a vraiment tout prévu. Le problème c’est que du coup ça va que dans un sens, on écoute ce qu’il nous dit et c’est tout. Il nous emmène dans un restaurant juste à côté de la station de métro. Franchement, on serait passé devant on n’aurait pas dit que quelque chose se cachait là. On entre dans un supermarché, monte des escaliers et on se retrouve dans un espace où une quinzaine de personnes assises sur des tabourets attendent pour aller manger. Notre nouvel ami chinois, Tang, nous fait signe d’attendre dehors et entre dans le restaurant. Par moment, via les oreillettes il nous envoie des instructions. « Attendre » « quelques minutes » puis il nous passe une musique de salle d’attente. Ou une musique chinoise qu’il aime bien. On ne sait pas trop. Finalement, il nous dit que l’on peut venir. On le rejoint et on s’installe à table. Une serveuse lui amène une carte en papier. Au début, il commence à nous interroger sur ce que l’on veut commander pour le hot pot. Comme il voit que l’on n’en a aucune idée, on lui fait juste comprendre que je suis végétarienne et armée d’un crayon papier, il commence à cocher des cases. Par moment, il nous demande si on aime le piment. Si ma camarade veut du poisson. En le voyant cocher toutes les cases, on s’inquiète un peu du prix que tout cela va coûter. À un moment, Audrey évoque l’hypothèse qu’à un moment il se barre sans payer. Franchement je n’y crois pas. Son sourire est sincère, il a l’air vraiment content d’être avec nous et la veille, c’est nous qui sommes allés le voir dans la rue pour lui demander notre chemin.

Après avoir commandé, on amène sur la table la machine infernale qui permet de manger la fondue chinoise. Une sorte de volcan de métal avec des braises à l’intérieur et sur toute la partie extérieure, une sorte de gouttière dans laquelle l’eau bout. L’eau est séparée en deux compartiments, un avec un bouillon pimenté pour ceux qui vont manger de la viande et un pour moi. Une autre serveuse revient avec des bières. Beaucoup de bière. 2 chacun. De 50 cl. Nous qui nous demandions si les Chinois buvaient de l’alcool, on est servi. Il a une bonne descente Tang en plus ! On est surprise que la bière ne soit pas froide, ici ils la boivent tiède visiblement… Les légumes et la viande arrivent assez vite. Les assiettes s’entassent, il a commandé beaucoup de choses ! Porc, calamar, poisson, pomme de terre, champignons, nouille de riz et certaines choses que l’on n’identifie pas mais qui sont bien bonnes ! Au début, le challenge c’est d’arriver à mettre nos ingrédients dans le bouillon et surtout, d’arriver à les repêcher ! Fondue chinoise végétarienne… J’avoue que je ne suis pas convaincue de ouf. C’est des légumes cuits à l’eau quoi… Un peu fade. Pour les carnivores, ça a l’air plus goûteux visiblement. Après, le principe reste sympa. Ça fait un peu raclette ou fondue en light.

Après avoir mangé et discuté dans un anglais approximatif, on sort se promener. Il est déjà 22h30. On s’inquiète pour Tang et on lui demande s’il aura toujours un métro pour rentrer. C’est assez bizarre ce moment, il nous dit oui oui, on lui demande où il habite et il nous répond dans ce quartier. On ne comprend pas tout mais ça n’a pas l’air de l’inquiéter. On marche jusqu’à notre auberge et on s’installe dans la partie avec des tables. S’ensuit un long échange sur est-ce qu’il a Facebook ? Instagram ? Il est collé sur son téléphone à essayer de faire marcher son VPN et retrouver ses comptes. C’est un peu long, pas hyper intéressant. Il commence à être tard, je suis fatiguée. Au final, Tang nous dit qu’il ne peut pas rentrer chez lui vu qu’il n’y a plus de métro. Lol. Il se cherche un hôtel. J’ai l’impression que ça prend trois plombes. Au final, il se paie une chambre à 300¥, bien plus que pour nous deux pour quatre nuits. C’est dommage la soirée était cool et ça se finit un peu en demi-teinte. On est désolée pour lui qu’il doive se prendre un hôtel à ce prix-là, mais bon… Ce n’est pas comme si on s’en était pas inquiétée avant lui !


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